Serge
Je ne t’ai eu ni comme thérapeute, ni comme formateur.
Tu n’as pas été mon superviseur, ni même mon directeur…
Et pourtant tu m’as beaucoup transmis.
Je suis arrivée en 2005 à la direction de l’EPG.
Gonzague m’avait choisie pour me passer le relais le moment de la retraite venu,
mais c’est toi qui m’as adoubée.
C’est aussi toi qui m’as souvent conseillée.
Ces dernières années toute occasion était bonne pour me soutenir:
tu me présentais fièrement comme future directrice de ton école,
de l’école que tu avais fondée avec Anne.
Quoi de plus touchant et de plus confortant que cette confiance montrée au grand jour
et qui ne s’est jamais tarie.
Tu me faisais part de ton amitié.
Amitié réciproque et partagée.
Amitié dénuée de tout transfert,
pimentée de nos taquineries mutuelles,
lucides et parfois même confrontantes,
mais toujours bienveillantes et même aimantes.
Jusqu’aux soins intensifs qui nous ont privés de la possibilité de communiquer
tu m’as offert le privilège d’être tenue au courant de ta santé physique, comme morale.
Tes qualités faisaient de toi un être d’exception qui force l’admiration.
Tes fragilités me permettaient de vivre encore autre chose : tendresse, peine ou agacement.
Elles te rendaient encore plus humain.
Sans tomber dans la surenchère, je ne peux omettre de nommer ta pertinence, ta ténacité,
ta vivacité, ton dévouement, ton insatiable force créatrice et ta générosité.
Tu avais l’art de permettre à chacun de se sentir exister en ta présence.
Un art si souvent réparateur, et dont j’ai entendu de nombreux témoignages.
Tu as œuvré pour la Gestalt et pour la profession et je t’en suis reconnaissante.
Tu nous as légué un héritage remarquable avec l’EPG et dans sa création, je t’associe à d’autres acteurs essentiels restés un peu plus dans l’ombre, dont Anne que je suis heureuse de porter dans mon cœur.
Anne et toi avez su allier vos complémentarités au service de cette belle et florissante entreprise.
Je peux t’assurer que nous continuons d’emprunter avec gratitude les rails solides et pérennes que vous avez tous deux posés.
Nous entretenons et nourrissons les belles valeurs d’humanité, de créativité, d’incarnation, d’ouverture et de stabilité que vous avez insufflées.
Loin de nous enfermer dans une loyauté sclérosante, elles nous propulsent vers une évolution créative et exigeante de notre enseignement comme de notre organisation.
Aujourd’hui, directrice de l’EPG, j’honore ton souvenir et prend soin de ce bel héritage.
Merci à toi Serge
et de tout cœur.
Isabelle Le Peuc’h